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ARF et formation professionnelle

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L’ARF martèle que la formation professionnelle «ne peut en aucune manière relever d’une logique de marché»

Formation professionnelleA l’occasion des réunions des commissions «Education» et «Formation professionnelle et apprentissage» de l’Association des Régions de France (ARF), et du Mondial des métiers qui s’est tenu à Lyon du 7 au 10 février 2008, les présidents de Régions ont fait part de leurs «plus vives inquiétudes» et ont voulu «interpeller le gouvernement, les parlementaires et les partenaires sociaux sur les projets de réforme touchant à l’éducation, la formation, l’emploi et l’aménagement du territoire».

Dans un communiqué diffusé à la presse jeudi 7 février, l’ARF estime que «les rapports Attali et Lambert, le livre vert de la commission Pochard, la réforme des baccalauréats professionnels en trois ans, le devenir de l’Afpa, la réforme de la formation professionnelle, l’instauration d’un fonds régional de sécurisation des parcours professionnels, la suppression de la carte scolaire, etc. (...), illustrent incohérences, contradictions et ignorance des réalités et des enjeux de la formation professionnelle initiale et continue».

Il est par ailleurs «scandaleux», pour l’Association des Régions de France, de «constater que le rôle des collectivités territoriales — des Régions en particulier — est sous-estimé et déprécié au regard des lois et des actions publiques déjà mises en œuvre».

Si «l'ARF dénonce la précipitation, le manque de concertation et l’improvisation dans la mise en œuvre de ces réformes», elle «reconnaît pour autant la nécessité de faire évoluer le système de formation».
Et de «rappeler que les dernières lois de décentralisation ont conféré aux Régions une légitimité d’ensemblier de la formation en les obligeant notamment à élaborer des schémas régionaux de l’éducation et de la formation, à prendre en charge l’intégralité des formations par l’apprentissage ainsi que celles des formations sanitaires et sociales».

Près de 50 % de leurs budgets sont consacrés à l’éducation et à la formation, insiste l’ARF. «Elles produisent ainsi du service public et sont des copilotes, au nom des compétences partagées avec l’Etat, des systèmes de formation tout au long de la vie», ajoutent les Régions.

A ce titre, l’ARF considère notamment que :

  • les conditions dans lesquelles la réforme du bac professionnel en trois ans est engagée, risquent de conduire à une augmentation significative de jeunes sortis du système scolaire sans qualification sans garantir une meilleure insertion professionnelle. Cette réforme pourrait entraîner à terme un transfert de charges déguisé en direction des Régions qui seraient contraintes d’augmenter leurs capacités d’apprentissage et de formation tout au long de la vie ;
  • le service public de la formation professionnelle – dont fait partie l’Afpa – ne peut en aucune manière relever d’une logique de marché. Les Régions ont la volonté de préserver ce service public et notamment son patrimoine, afin de garantir une cohérence des offres qui réponde aux besoins des individus et d’une qualité des prestations ;
  • la réforme de la formation professionnelle doit s’effectuer dans le cadre d’une concertation responsable entre les partenaires sociaux, l’Etat et les Conseils régionaux ;
  • des réformes aussi profondes que la fusion ANPE-Assedic et celle de la formation professionnelle ne peuvent se faire sans la présence des Régions. Elles demandent à être parties prenantes dans l’élaboration des nouveaux dispositifs.

Les participants aux deux commissions de l’ARF ont aussi abordé «la nécessaire évolution des conditions dans lesquelles les formations sanitaires et sociales sont mises en œuvre, le rôle de l’enseignement agricole et les difficultés actuelles liées à la baisse des crédits d’Etat, la nécessité de modifier la composition et les attributions des conseils d’administration des lycées et des instances de concertation nationales afin que les Régions et les personnels, désormais sous leur responsabilité, y soient représentés». Ils «souhaitent, comme le prévoit un récent rapport du Sénat, que les plans régionaux de développement des formations aient une valeur prescriptive à l’ensemble des acteurs locaux, y compris de l’Etat, ce qui suppose notamment la mise en place d’un véritable service public régional d’information, d’orientation et d’insertion».

Autant de réflexions et de prises de position qui seront «approfondies» dans le cadre des Ateliers régionaux les mois prochains, afin d’être restituées lors d’un colloque national des Régions, à Nantes, les 19 et 20 mars 2009 autour du thème «Jeunesses en Régions».

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